Détail d'une partition de la partithèque du M'O+

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Titre Pièces extraites de l'opus 68 Album für die Jugend adaptées pour l'orgue sous forme de Méthode progressive
Compositeur Schumann, Robert
Opus
Année de composition
Éditeur(s) scientifique(s) Georges Guillard
Éditeur Schola Cantorum
Numéro d'édition SC 8741
Année de l'édition 2013
ISMN 979-0700-348-03-8
Site de l'éditeur http://www.schola-editions.com
Nombre de pages 36 (21) + CD
Date de réception au M'O 22/10/2013
CommentaireL'idée est surprenante, mais à la réflexion, point mauvaise du tout. Parrainé par Bernard Foccroulle et Pascale Rouet, ce premier volume conçu par Georges Guillard a bien des qualités. À commencer, évidemment par le projet lui-même: le répertoire pour débutants à l'orgue souffre de nombreuses lacunes et les petites pièces de Schumann se prêtent assez bien à être jouées sur l'instrument à tuyaux. On apprend dans l'introduction que le projet est de donner en trois cahiers l'entièreté du volume original, à l'exception de quatre pièces. Une de ces pièces est-elle vraiment la seule qui, dans les dix premiers titres de l'Album pour la jeunesse, était vraiment organistique: le Choral? Une des quinze pièces groupées ici en sept pièces manualiter, quatre avec pédale (pointes seules) et quatre avec talons, est une petite fugue tirée de l'opus 126. Pour les parties de pédale, qui ne sont évidemment pas originales, l'éditeur fait preuve d'invention et ses propositions sont bienvenues. Georges Guillard insiste à juste titre sur la nécessité de jouer aussi des extraits du répertoire entre Frescobaldi et Franck. D'autant plus que la progression technique entre la première et la quinzième des pièces qu'il nous donne est vraiment très rapide.
Les textes précédant la musique sont d'un grand intérêt, et les professeurs auront avantage à présenter et expliquer quelques-uns des 64 aphorismes Schumanniens traduits par Liszt et mis en ordre par Georges Guillard qui, dans ses propres commentaires, fait preuve d'un grand bon sens et d'un aimable sens de l'humour. Personne ne lui reprochera d'insister encore et encore sur la nécessité qu'il y a de chanter...
Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le texte musical était exempt d'erreurs, si le texte imprimé était libre de coquilles et, si la technique éditorielle était plus consistante. Ne doit-on pas, quand on s'adresse à des jeunes en formation, pousser l'exigence sur ces points à l'extrême?
Georges Guillard déclare: «Le texte est intégralement respecté.». Pourquoi, dans ce cas, faire l'impasse sur bon nombre de reprises, alors qu'ailleurs l'une ou l'autre est écrite «en toutes notes»? Si l'on peut comprendre l'adaptation de certains accords répétés au piano, liés à l'orgue, encore faudrait-il signaler au lecteur les nombreuses interventions de l'éditeur dans ce domaine. Il y a bien des liaisons en pointillés, mais elles sont loin de signaler tous les cas. Parlant de cohérence, j'ai noté quelques indications de caractère (généralement en allemand) traduites en français, d'autres en italien, et d'autres... sont simplement oubliées. Le texte musical, disais-je, n'est pas exempt de fautes. Les plus graves: dans le célèbre Gai laboureur, mesures 3 et 7, l'accord de la main droite doit tomber sur la deuxième croche du troisième temps (comme à la mesure 13) et pas sur le temps même. Et dans la Chanson du faucheur, mesure 22, la voix inférieure de la main gauche doit être deux noires pointées, si bémol et la, et non la blanche pointée. Enfin, dans Premier chagrin, je ne comprends pas pourquoi les valeurs des notes de la main gauche ont été modifiées, mesures 8 et 28.
J'avoue être très dérangé par la représentation de Johann Sebastian Bach à la console d'un orgue. L'expression «gravure d'époque» ne veut rien dire. En l'occurrence, l'époque est la deuxième moitié du XIXe siècle, puisque l'artiste (belge...) Édouard Jean Conrad Hamman n'a entrepris sa série de représentations de scènes de la vie de grands musiciens qu'en 1856. Fallait-il montrer à des enfants cette image apocryphe dans laquelle la position de la main droite du grand Bach est tout sauf correcte? Et le pédalier ne correspond à rien de ce que j'ai vu dans ma longue carrière. Clin d'œil amusant, dans la reproduction en quatrième de couverture du même dessin, on a demandé à Bach de fixer l'objectif de l'appareil. Vive Photoshop, qui nous donne de l'apocryphe au carré!
Un CD accompagne la partition. Il est inclus dans une pochette en papier collée au revers de la couverture de titre, mais pour l'en extraire, il faut décoller cette pochette de son support. Les enfants ont donc toutes les chances d'égarer le CD. La bonne idée est de jouer sur des instruments différents, pour éveiller l'attention de l'apprenti sur la variété des orgues. J'aurais pour ma part insisté auprès de l'interprète pour un plus grand respect du texte, en particulier des articulations (entre autres les staccatos sous liaisons joués généralement legato), et, de nouveau, du respect des reprises. Les enfants ont l'ouïe fine, et sont des critiques très sévères...
Date du commentaire12/11/2013
  
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